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Forum | Droit et libertés individuelles
Comment réclamer un salaire en partie impayé?
Moon79, le jeu. 02 août 2007 à 18:44:29
Bonjour,
Suite et fin de mon problème.
Je suis allée à l'Inspection du Travail pour en savoir plus sur la procédure à suivre pour obtenir mes IFM que Kelly refuse de me verser. Voici ce qui m'a été dit.
Alors, il se trouve que lorsque vous donnez votre accord verbal à l'entreprise où vous travaillez, afin de prolonger votre contrat en intérim, l'entreprise appelle à ce moment-là votre agence d'intérim qui déclenche informatiquement un nouveau contrat prolongeant celui pour lequel vous vous étiez engagé. Dès lors que ce "déclenchement" est effectué, peu importe si vous décidez de ne finalement pas signer le contrat, si vous arrêtez la mission, l'agence d'intérim peut considérer que vous avez rompu votre contrat, et donc pas d'IFM.
Par conséquent, on peut donc rompre un contrat non signé. Rien de kafkaïen là-dedans, je vous assure : un accord verbal peut suffir pour vous engager définitivement dans la prolongation de votre mission.
Bien sûr, rien ne vous empêche de défendre votre point de vue aux Prud'hommes, mais vous avez 50% de chances de gagner...Donc rien de sûr...
Ainsi, même si je n'ai pas signé de contrat prolongeant mon premier contrat en intérim, dès lors que je donne un accord verbal et qu'un nouveau contrat est édité, je suis engagée, comme si j'avais de nouveau signé. De plus, même si sur votre attestation ASSEDIC, il y a indiqué comme motif d'arrêt de travail : "fin de mission intérim", comme c'est mon cas, ce qui sous-entend que pour l'agence, il y a bien eu "fin de mission" et non "rupture de contrat de travail", eh bien il n'empêche que vous pouvez ne pas toucher vos IFM. Bref, situation plus que paradoxale, mais admise par la loi, d'après l'inspection du travail.
Conclusion de toute cette histoire :
-Si vous faîtes de l'intérim, ne dîtes pas oui à une prolongation de contrat sans y avoir bien réfléchi, puisque ce "oui" est finalement égal à une signature. Sinon, vous pourrez dire adieu à vos IFM.
-Aller au Prud'hommes pour 50% de chances de réussite, alors que c'est une procédure particulièrement longue, et qui risque de me coûter de l'argent (si je réclame ainsi mes IFM, vous imaginez bien que ce n'est pas parce que je roule sur l'or), ça me semble peine perdue. Donc je laisse tout tomber. Le grand capital m'aura bien eue une fois de plus...
-Ils sont sympas à l'Inspection du Travail, je les ai trouvés accueillant et efficaces.
Réflexions personnelles sur cette histoire :
-Ce n'était pas un parachute doré que je demandais, juste mes IFM (sur un salaire de 1500 bruts, je ne demandais donc 10%, calculez, je ne réclamais pas grand chose, vraiment! ). Bizarrement, ce sont les personnes qui sont dans les situations les plus précaires que l'on accable tant et plus. Les autres, eux, peuvent se faire plaisir avec des supers indemnités d'un montant dépassant tout ce que je gagnerai au cours de ma carrière. C'est scandaleux.
-J'ai été un bon petit soldat au cours de cette mission, car j'estime que c'est la moindre des choses de bien faire son travail en échange d'un salaire. Par conséquent, j'ai toujours fait mon travail avec coeur, même si le travail en soi n'avait rien d'excitant, et voilà comment ça se passe, quand on est un bon petit soldat. On se fait spolier. ça ne me donne pas envie de continuer à être quelqu'un de bien tout ça, car finalement, j'ai le sentiment que seuls les salops s'en sortent toujours, les autres, ce ne seront que des pauvres cons jusqu'à leur mort (une mort coûteuse, elle aussi, bien sûr!). Et ça commence à me fatiguer d'être l'imbécile du coin, de me faire baiser par le monde du travail.
-Je trouve qu'il n'est pas légitime qu'un "oui " verbal à l'entreprise pour prolonger une mission soit considéré comme un engagement définitif. D'autant plus que mon employeur véritable, c'est l'agence d'intérim, et ce n'est pas à l'agence que j'ai dit oui. L'agence ne m'a d'ailleurs même pas appelée pour confirmer ce que lui avait dit l'entreprise, elle a juste édité la prolongation du contrat, suivant ce que lui avait dit l'entreprise, sans vérifier avec moi, comme si j'étais un robot dont on augmentait la durée de vie de trois semaines de plus, et qu'il n'était pas nécessaire de consulter.
-Je trouve scandaleux que l'intérim ne soit souple qu'avec l'employeur, mais pas du tout avec les employés (par contre les employés, eux, doivent être plus que souples, ils doivent être de la vraie pâte à modeler!). Pourtant, si on choisit l'intérim, c'est justement pour être dans une situation où on peut retourner sa veste si on trouve quelque chose de mieux. Evidemment, je ne demande pas à pouvoir quitter un boulot en intérim quand ça me chante, mais juste de pouvoir me rétracter deux jours après avoir dit "oui" verbalement à une prolongation de contrat, sachant que j'avais respecté tous mes engagements vis à vis de mon premier contrat et que j'avais bien fait mon boulot en prime, sans pour autant perdre mes IFM.
-En effet, en ce qui me concerne, j'ai un diplôme d'un haut niveau d'études, près de deux ans d'expérience, sans compter les nombreux stages effectués au cours de mes études, ainsi que tous les boulots que j'ai pu faire pour financer études toujours, et indépendance. Si j'ai fait de l'intérim récemment, c'est parce que je ne trouvais pas pour le moment d'emploi dans mon secteur et correspondant à mon niveau d'études et de compétences, et que je voulais gagner plus que ce que me donnait l'ASSEDIC, car j'avais beaucoup de mal à joindre les deux bouts et à mener à bien mes projets professionnels. Mais si j'avais su à quel point le fonctionnement en intérim était rigide pour les employés, je n'aurais jamais accepeter de faire un boulot alimentaire en intérim, je me serais contenté de l'ASSEDIC. Car pour finir, sans les IFM, j'ai à peine gagné plus que l'ASSEDIC!
-Donc maintenant, je sais que lorsque l'on cherche un emploi sur le long terme, mieux vaut s'abstenir de faire un job "alimentaire" en intérim, puisque l'on est coincé dans ce boulot par la suite. Alors ce n'est pas la peine de venir ensuite stygmatiser les chômeurs, de dire qu'ils sont des parasites, des paresseux, des gens sans volonté, car on ne fait rien pour les encourager à se sortir de leur situation. Rien, à part leur proposer un avenir minable dans des emploirs précaires, où on est traités comme des kleenex. Travailler plus pour gagner plus nous disait-on...Moi j'ai travaillé plus, et je n'y ai vraiment gagné, rien.
Salut à vous tous, et bon courage!
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